21 mars 2006

Една маргарита, моля.

Ya des trucs, je m'y ferai jamais.

Mais on va commencer par quelques petites photos, prises il y a déjà quelques semaines, mais que je n'avais pas encore postées. Voici donc, rapidement, ce que je peux voir par la fenêtre de ma chambre:





La montagne qu'on peut voir au fond, c'est Витоша (Vitosha), massif montagneux bordant Sofia. Cette montagne pointe à 2290 mètres, au "Pic Noir", et Sofia se trouve elle à 550 mètres d'altitude (source wikipedia.org). Voilà pour la science.

Mais ya un truc que vous ne savez peut-être pas, c'est que la Bulgarie est l'un des rares pays dans le monde, peut-être même le seul, où les gens, pour dire oui, tournent la tête de droite à gauche, et pour non, la hochent de haut en bas. L'inverse de chez nous, en bref. Et c'est super perturbant. Par contre, des fois pour dire oui, ils penchent la tête de chaque côté, et c'est assez marrant.

Mais quand même. Allez dans un restaurant, commandez quelques chose, et la serveuse, tout en notant dans son calepin, vous fait "non" de la tête. "M'enfin, c'est quand même moi qui décide, je suis client, oui ou crotte !"

Après un mois au pays balkan, je réagis un peu plus vite qu'au début, et je comprends que ma requête est acceptée par la charmante bougresse.

Mais quand même. Ya des trucs, je m'y ferai jamais.

13 mars 2006

Ayééé!!!

Bon, je vais enfin le faire, ce foutu post.

Le thème d'aujourd'hui sera la neige. D'abord parce qu'il neige en ce moment même, et que j'en ai fait les frais quelques heures plus tôt. Ensuite, parce qu'il a aussi neigé la semaine dernière, et que j'en avais profité pour prendre quelques photos, et, parce qu'il n'est jamais trop tard pour les poster, je le fais maintenant.

Tout d'abord, l'immeuble où je réside:

J'habite au septième étage, avec ascenceur, dans une petite chambre dont vous pourriez apercevoir la fenêtre si vous aviez pris la bonne Kryptonite, vu qu'elle se trouve de l'autre côté du bâtiment. Retournons-nous plutôt et dirigeons-nous vers le bureau, vu que c'est bien beau de prendre des photos, mais faudrait pas déconner non plus. Nous apercevons alors cette petite rue:

Comme vous pouvez le constater, par temps de neige, les trottoirs de Sofia, ou du moins de mon quartier, c'est pas Byzance. Tout défoncés, recouverts de neige épaisse ou glissante, ils sont imprévisibles. Et la neige qui fond, ça fait pas rire mes converses. Ce matin même, d'ailleurs, en traversant une rue un peu sournoise, j'ai pu constater avec amertume que je n'étais pas ce sauveur dont des millions de chrétiens vantent les propriétés podales sur-aquatiques.

Une à une les gouttes d'eau
Me dégoulinent dans le dos
Nous pataugeons dans la gadoue
(Serge Gainsbourg)

Laissons cela.

Je préfère donc marcher quand c'est possible dans la rue elle-même, c'est quand même (un peu) plus sec. Continuons donc la visite. On aurait pu prendre le bus, il y en a quelques-uns pas loin de chez moi, mais on aurait vu moins de choses sur le chemin.

Le saviez-vous ? A Sofia, même quand il neige trois fois plus qu'au Mans, les bus roulent. Ils sont forts ces bulgares. Ou bien c'est l'inverse.

Si on continue, donc, on passe devant un vieux camion:

J'aime bien ce camion. Il me fascine. Au loin, vous pouvez apercevoir un chien errant. Il y en a pas mal dans mon quartier, mais ils sont inoffensifs. Ils se balladent à droite à gauche, c'est tout. Il paraît qu'ils n'aiment pas trop les gitans, par contre.

Au bout du chemin, on arrive sur la rue principale. Et là, c'est tout droit pendant une petite demi-heure de marche. Ces grandes rues sont souvent très larges, avec pas (ou peu) de marquage au sol:

Du coup, la circulation en ville, c'est assez free style. Ya pas vraiment de voie, on roule un peu où on veut, et on fait des écarts brusques pour éviter les trous dans le bitume. On s'y fait. En tout cas, quand je dois traverser pour trouver un meilleur trottoir, je regarde plus d'une fois.

On marche. Autour de soi, on voit à peu près ça:

Des immeubles, qui se ressemblent à peu près tous. C'est comme ça dans mon quartier. Quand on n'a pas l'habitude, on se paume facilement; mais maintenant, je m'y retrouve à peu près.

Autour de soi, on peut aussi voir ça, par exemple:

C'est assez joli, sous la neige.

Un peu plus loin, quand on arrive au niveau du collège, il y un panneau que j'aime bien:

Ca se lit "Dètsata nyamat spiratchki" ("Les enfants n'ont pas de freins"). Je suis pas sûr que tout le monde prenne le temps de le lire. Mais bon, au moins vous découvrez un peu l'alphabet.

Arrivé au bout de la rue, on tourne à droite et on arrive au bureau, un petit bâtiment où ont leurs bureaux quelques entreprises du coin. En haut de ce bâtiment, on peut lire le nom d'une de celles-ci, "Ruvex", et en face, l'équivalent cyrillique:


Ca se lit pareil. Vous êtes de plus en plus familiarisés avec l'alphabet cyrillique.

On rentre dans ce bâtiment, et, une fois monté au troisième étage, pas moyen de se tromper, on est bien arrivé au bureau de Linux Business Solutions, où je fais mon stage:


Et voilà, ici se termine l'itinéraire. Et ce post, par la même occasion. J'ai beaucoup rempli aujourd'hui; mais bon, yavait des images (ça me rappelle certains documents à rendre, à l'iup...).

Bon, vous avez lu ce post jusqu'au bout, vous avez été sages, vous n'avez posté aucun commentaire inutile ou bourré de fautes, alors vous avez le droit à un petit bonus.

Toi aussi, profite de la chute du communisme pour tester ta maîtrise de l'alphabet cyrillique ! Sauras-tu lire la rouge enseigne du petit restaurateur local ? (attention, il y a un piège, l'enseigne utilise l'alphabet minuscule scripte, un peu différent de l'alphabet d'imprimerie).


Ayé, je l'ai fait ce post.

10 mars 2006

Fait pas très chaud..

Et merde, c'est déjà le week-end, et j'ai rien posté de la semaine..

J'avais pris des photos et tout, de quoi faire juste un petit post de rien du tout, mais non, je l'ai pas fait, et me voilà grosjean comme devant alors que le vendredi soir tente en toute légitimité de m'arracher à ma semaine de travail. Et pis j'ai faim.

Alors je vais me faire gronder. Et pis zut.

Bon, une petite photo quand même, histoire de voir à quoi ont ressemblé les rues enneigées de Sofia ces quelques derniers jours:
D'autres une prochaine fois. Encore une promesse, tiens.

Enfin bon. Et pis j'ai faim.

The Earth will rest my bones,
Lord I know, Lord I know,
But I'll see you when I get home,
From the cold, yeah from the cold.
(The Flogging Molly, spéciale dédicade au gnome sage)

02 mars 2006

Честита Баба Марта !

Hier, c'était le premier Mars.

En Bulgarie, la tradition veut qu'en ce jour, on offre à ses proches une "martenitsa", porte-bonheur fait de fils rouges et blancs. Rouge pour la santé, blanc pour la chance et la prospérité. Et on souhaite une "heureuse grand-mère Mars" ("Честита Баба Марта", Tchèstita Baba Marta).

La martenitsa peut se porter en bracelet, collier, pendentif ou autre, jusqu'à l'arrivée du printemps. A ce moment-là, on l'accroche par exemple à un arbre. Plus de détails ici.

Aujourd'hui, c'est le deux Mars.

En Bulgarie, la tradition veut qu'on s'en foute. Mais bon, j'ai quand même pris quelques photos de mes martenitsas d'hier:




Demain, c'est le trois Mars.

En Bulgarie, la tradition veut qu'en ce jour on célèbre la libération du pays de la domination ottomane (turque), le 3 Mars 1878. Fête nationale, ce jour n'est pas travaillé. Donc, ce soir c'est week-end et demain ce sera sûrement sans blog.

Et c'est pas plus mal.

01 mars 2006

Говориш ли български ?

1111
Hier, mardi 28, il a neigé. Je ne vais pas me plaindre, un mois plus tôt, on me l'a répété, j'aurai enduré des moins quinze, moins vingt. Mais là, c'est supportable. Le printemps approche. C'est d'ailleurs aujourd'hui, premier Mars, qu'on le célèbre; j'en dirai plus la dessus une autre fois.

Il a neigé, et pour rejoindre ma chambre, plutôt que de m'enfiler 30 minutes de marche dans la nuit froide et obscure (et glissante, mais c'est une autre histoire), j'ai préféré prendre le bus. C'est bien légitime. J'ai pris le bus tout seul comme un grand, j'ai acheté un ticket au conducteur et l'ai composté moi-même. Un ticket, valable uniquement dans le bus où il a été composté, coûte 50 stotinki, soit à peu près 0.25 euros.

La monnaie bulgare est le "lev". Les centimes de lev sont les "stotinki". Un lev vaut à peu près 0.50 euros. C'est facile, on divise les prix par deux.

Enfin bref. Le but de ce post est de raconter mon samedi 25 Février, deuxième journée chez les bougres.

Le saviez-vous ? Le mot "bougre" vient de "bulgare". C'est Patrice qui me l'a dit, c'est le net qui me l'a confirmé. Vous voilà instruits.

Ce samedi, donc, a été mon premier réveil à Sofia. Je pensais, avec la fatigue, ne pas voir la première moitié de la journée. Je ne sais pas si c'est le timide soleil d'hiver brumant à travers les stores, le bruit discret des travaux d'en face étouffé par les fenêtres closes, ou plutôt l'agitation incertaine qui habitait mes pensées, mais j'ai ouvert les yeux bien plus tôt que prévu. Vers huit ou neuf heures. Pour un samedi matin, c'est quand même vachement tôt.

Galia, chez qui je réside, m'a spontanément préparé un petit déjeuner, tasse de café, tranches de pain avec jambon et fromage. J'ai pas craché dessus, au contraire.

Elle avait quelques trucs à faire par-ci par-là, et je l'ai accompagné. Ca m'a fait voir un peu du quartier. A quoi ça ressemble ? Vous allez devoir attendre un nouveau post, petits curieux. Je prendrais quelques photos aux alentours, c'est promis.

C'est pas pour faire des suspenses, mais j'ai tout plein de trucs à raconter, et j'ai du retard.

Reprenons le récit. Vers midi, j'appelle comme prévu Stella et Vessi, qui m'emmènent dans le centre ville pour prendre une pizza. Une autre, vous allez me dire; je commande ce que je veux, alors zut. Et puis, je ne suis pas venu ici pour faire du tourisme gastronomique. Avec ça, j'ai bu de l'eau minérale. Je sais, c'est pas intéressant, mais pour des bulgares c'est un peu surprenant. Eux boivent plutôt soda ou jus de fruits avec leur repas. Mais moi, je suis français.

Ceci dit en passant: je ne sais pas si c'est le cas pour tous les restaurants, mais dans ceux que j'ai essayés jusqu'ici, on y met de la musique, et fort. Parfois, on sent même les basses faire vibrer la banquette. En plus, c'est de la pop mainstream à deux balles. Ca manque de classe, mais on s'y fait. Mais pour apprendre la langue, ça aide pas. Il faut hausser la voix pour s'entendre.

Après le restaurant, on fait un rapide tour du centre ville, le temps d'apercevoir quelques bâtiments remarquables à travers les vitres du véhicule, et ensuite, direction Hit, un supermarché récent dans le coin, pour faire quelques courses. J'achète un peu de graille pour le week-end, le genre salades toutes faites et plats au micro-ondes. C'est bien suffisant.

Je rentre. Le soir, j'entame mes achats. J'ai peut-être pas très bien choisi, ou alors c'est la faute au micro-ondes, mais je ne suis pas très emballé par mon repas. Enfin bon, c'est mangeable quand même.

Ensuite, je me fais une petite promenade digestive, afin de faire quelques repérages dans le quartier. La nuit, c'est peut-être pas très intelligent, mais j'ai quand même retrouvé mon chemin. C'est facile de se paumer dans le quartier, j'expliquerai pourquoi une autre fois.

Je me couche, et c'en est fini du samedi. Pas très mouvementée comme journée, mais il faut encore que je m'accommode à la ville. J'ai quand même déjà appris quelques trucs sur la vie à la bulgare, et vous aussi.

La prochaine fois, c'est promis, ce sera moins emmerdant à lire.

27 février 2006

БЪЛГАРИЯ

Premier post. A l'étranger, j'entends.

En effet, je suis à Sofia, capitale de la Bulgarie. Ca fait trois jours maintenant, et, si je vais tenter à l'avenir de relater cette expérience dans le détail, je commence avec déjà du retard.

Il va falloir raconter un peu tout ce qui se passe ici. Pour la famille et pour les amis. Les autres, c'est pas que je m'en fous, mais un peu quand même. Bien sûr, je vais avoir plein de trucs à dire, surtout au début; au bout d'un moment ça risque de se tasser un peu. J'ai pris mon numérique avec moi, j'essaierai d'imager un peu.

En attendant que je pourrisse progressivement le net de mon futile nombrilisme, il y a un autre blog que vous pourriez consulter: celui de Pierre Checa, qui me précéda d'une année dans l'aventure bulgare, et dont les judicieux commentaires m'ont déjà été très instructifs. Il y aura sûrement des redites pour qui lira mon blog après le sien, et c'est bien normal. Néanmoins, je ne sais pas si j'aurais l'occasion de voyager autant que lui à travers le pays, et donc ce blog risque d'être plus sofiote que bulgare.

Ca fait trois jours maintenant.

Vendredi matin, levé aux aurores ("il est cinq heures, Adri s'éveille", disait le poète), direction la gare, TGV Le Mans - Paris. Métro, RER, Charles De Gaulle. A320, Sofia. Il est 14h, heure locale (GMT+2).

A Sofia m'attendent Stella et Vessi, deux employées de la compagnie où je vais effectuer pendant six mois mon stage de Master. En voiture, direction les bureaux de Linux Business Solutions. Rapide tour de l'équipe, et puis on m'emmène visiter une chambre (plus de détails lors d'un prochain post). La chambre me convient, j'accepte, et retour quelques heures plus tard au bureau.

Le patron, Rumen, doit partir pour deux semaines en Allemagne, alors il y a réunion de dernière minute. Il ne reste plus que Stella et moi dans le bureau, à attendre encore quelques heures que la réunion se termine. N'ayant avalé depuis midi que le plateau repas d'Air France, la faim se fait sévêrement sentir, quand vers 21h on quitte enfin le bureau. Je suis mes coéquipiers vers le centre-ville où j'ingurgite une pizza bien méritée. Ensuite, trop fatigué pour les accompagner dans leur traditionnelle sortie du vendredi soir, je regagne ma chambre et l'oreiller que je convoitais depuis un moment déjà.

Je dors.

Ce samedi sera mon premier réveil en Bulgarie. Ca fera bien un post.

13 décembre 2005

::ouairtou?::

Ça, c'est fait.

De ça, ça va faire une semaine que j'ai pris la Quille, mais il restait encore une formalité. Pas grand chose, un formulaire et une enveloppe à déposer.

Mais voilà. Pour ça, il fallait traiter avec cette organisation franco-française qu'on appelle "Le Fonctionnariat".

Le lendemain, donc, je m'en charge. Je prépare les documents, et profite de l'après-midi pour éroder tant bien que mal quelque charge de sur mon épaule, avant de me décider à prendre le large, cap sur la corvée.

Mais avant que je m'exécute, un uppercut me percute, et c'est la chute. Le Fonctionnariat a ses horaires, et moi les miens. Il est déjà 17h.

Le lendemain, pas moyen.

Le week-end, même pas la peine.

Je remets ça lundi. J'avais lu 16h30, je me pointe à 16h15, c'était 16h.

Mardi, alors. Vers 15h30. Ça marche enfin: je me débarrasse des documents. Cinq jours pour une minute.

Ça, c'est fait, donc.

Je fais un pas, et je sens pourtant qu'on allonge la piste. J'ai parfois du mal à croire que j'avance.