26 janvier 2008

Svařák

Il fait encore assez froid, mais le soleil retrouve du courage, et les beaux jours approchent. Il y a eu de la neige, c'est vrai. Pas beaucoup, mais un peu.

Le tchèque s'en plaint un peu, et si, en cette période de l'année, on soumet à son jugement l'évolution des conditions météoroliques qui l'environnent, il soupire en retour une déception mêlée de nostalgie qui tente timidement d'affirmer que, quelques années plus tôt, la neige était bien plus abondante, et que la capitale n'en était qu'encore plus belle.

Enfin bon, vous me direz, c'est partout pareil. Et je vais pas me plaindre, personnellement, je ne suis pas particulièrement porté sur la cristallisation de l'humidité qui flotte patiemment au dessus de nos têtes et qui n'attend qu'une chose, c'est de nous tomber sur la gueule. D'accord, c'est bien joli, mais ça me congêle les oreilles, j'ai le nez qui coule, et, dans la neige, j'ai l'impression de marcher verticalement.

Alors, les beaux jours approchent, et c'est pas plus mal. Parce que, il y a encore quelques semaines, c'est pas pour me plaindre, mais on se pelait les olives, modèle familial.

J'en arrive au sujet de ce post. Lorsqu'en hiver, la température extérieure se plaît à osciller du mauvais côté du thermomètre, il est une tradition locale qu'il serait presque impoli d'ignorer, c'est le svařák.

Svařák est le diminutif de "svařené víno", qui signifie "vin cuit". À base de vin rouge, de canelle ou de clous de girofle, de sucre brun ou de miel, et d'un peu de rhum, cette boisson chaude est régulièrement servie dans les bars, les cafés, et notamment dans les petites échoppes improvisées qui apparaissent en cette saison dans les rues de la vielle ville.

Et qu'y a-t-il de plus tchèque que de flâner dans les ruelles de Staré Město, emmitoufflé sous un épais manteau, un verre de svařák chaud à la main ?

La réponse la prochaine fois.

En attendant, demandez à Google la recette.

17 novembre 2007

Bang!

Il y a quelque temps de celà, Jaruška, une amie, me racontait son week-end, au cours duquel elle et ses amis avaient eu l'occasion de "taper le carton", comme on dit par chez vous, dans quelques parties d'un jeu appelé Bang!. Étonnée d'apprendre que j'ignorais le nom du susdit jeu, elle entreprit de fouiller dans son sac afin d'y trouver la boîte, qu'elle avait justement avec elle. Cette boîte, la voilà:


Ah ouais, j'connais!

Bang!, ce jeu d'origine italienne, est distribué en France sous le nom de Wanted; en Tchéquie, ça bouge pas. Ça, je l'ignorais; mais le jeu lui-même est loin de m'être inconnu, et du coup j'avais l'air un peu moins con.

Moi, dans ce temps-là,
je ne dis pas celà
en bombant le torse,
l'air avantageux,
j'étais à ce jeu
de première force

disait tonton Georges.

Je crois même pouvoir me vanter de quelques victoires, dans l'ambiance western de ce jeu bien connu de mes compatriotes, à la condition, cependant, d'avoir pioché Joe l'Indien. Personnage du jeu que, à ma grande déception, je n'ai pas trouvé dans la boîte; je soupçonne Jarka d'en avoir égaré quelques-uns (Jaroslava, Jarka, Jaruška.. un jour, je vous parlerai des prénoms tchèques).

En voici quand même, pour illustration; je vous laisse deviner la force de jeu de chacun:


Vous pourrez au passage noter dans l'illustration suivante que l'édition tchèque a conservé les appellations italiennes, néanmoins sous-titrées:


Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, that awful sound
Bang bang, my baby shot me down

chantait Cher (pardon).

11 novembre 2007

Tant que c'est pas de la m...

Novembre; listopad, en tchèque. De list, 'feuille', et padat, 'tomber'. Brumaire, dans notre calendrier républicain.

Oui, les tchèques, comme dans la plupart des pays en l'Europe de l'Est, ont su garder une certaine poésie dans leur calendrier.

Sauf que, en ce matin du 11 novembre, ce ne sont pas des feuilles qui sont tombées...

12 juillet 2007

A Hawk and a Hacksaw



Ils sont tous deux du Nouveau Mexique (USA). Il joue de l'accordéon et des percussions, elle joue du violon, et ça vous transporte jusqu'au cœur des Balkans. J'écoute, et je vous recommande d'en faire autant.

Et ça va pas traîner avant que je craque et que je me remette au violon, quitte à y claquer un demi-loyer.

http://www.brokenheartfoundation.org.uk/hawk/

08 juillet 2007

Vzcvrnkls ?


Non, je n'ai pas un problème de clavier. Ce titre veut bien dire quelque chose, mais en tchèque. Si j'ai bien compris, ce serait une sorte d'argot pour dire "As-tu pris des photos ?" Vous m'objecterez sûrement qu'il semble difficile de dissocier la question de l'expulsion postillionnaire qui l'accompagne, et j'en conviens, mais loin de moi l'intention d'assimiler la langue de Jaromír Nohavica à quelques vulgaires élocutions voyellophobes.

Non, le tchèque n'est pas toujours comme ça. Mais un peu quand même.

Bref, pour répondre à votre question, oui, j'ai pris des photos. Je parle bien entendu de celles que je peux aisément poster ici, c'est-à-dire des photos numériques. Les autres, en attendant leur envisageable mutation, décorent agréablement le jaune mur de mon salon, ou bien patientent entre les pages d'un classeur, le blanc en noir et le noir en blanc.

Le thème de ces photos, c'est le traditionnel parcours maison-boulot. Vous y avez eu droit l'an passé, à Sofia, sur ce même blog, et aujourd'hui, rebelotte Charlotte, nous y revoilà.

Mais attention, n'allez pas chercher dans ces agrégats de pixels colorés une quelconque exposition des beautés architecturales pragoises qui font la fierté de l'indigène slave. Eh, j'habite pas plein centre, couillons.

Ce parcours, on y vient, fait fi des transports en commun, et nous conduira le long des petits chemins creux qui sillonnent une agréable forêt, le tout sous votre œil complice, bien entendu. Asi třicet minut pěšky, "environ trente minutes de marche" (j'ai cours demain, faut bien que je révise un peu).

On y est. On sort de mon immeuble par la porte de derrière, et on marche en direction du Nord.


Au bout d'une petite dizaine de minutes, quelques trottoirs et autres passages pour piétons, on arrive enfin à la forêt.


Et nous voilà partis pour un bon bout de marche.


Ça, je sais pas ce que c'est.


C'est pas grave, continuons. Tiens, un peu de soleil perce les épais feuillages.


Attention, juste avant la cabane, on tourne à gauche, sinon après c'est le bordel (je confirme).


Ça monte et ça descend, et ça tourne dans tous les sens, mais on est presque arrivés.


Oui, juste au bout, c'est la route, le retour à la civilisation, et accessoirement au boulot.


C'est là que ça se corse. On badge une fois au portillon...


... une fois à la porte coulissante ...


... et une fois à la porte pas coulissante ...


... et on arrive enfin dans le couloir. Mon bureau est au fond à gauche.


Ayé, on y est !


Bon, on souffle un peu, et on se met au travail. Fichtre, c'est laquelle de carte qui fonctionne, déjà ?...


Voili voilou. Avec un peu de courage, on refera la même chose dans l'autre sens le soir venu. Ou alors on prendra le bus et le métro, c'est à peu près aussi long. Mais c'est une autre histoire.

La prochaine fois, nous apprendrons à prononcer la phrase "strč prst skrz krk". Bonsoir.

25 mai 2007

Prague: premier post.

Oulà.

Ca fait plus de quatre mois que je suis là, et j'ai toujours rien bloggé. On me le reproche, bien sûr; enfin, de temps en temps. On veut que je parle un peu du pays, et c'est bien légitime.

Quel pays ? Je doute que parmi mes lecteurs s'y trouve encore quelque original qui en ignore la réponse. Ou alors, c'est un lecteur étranger à mon entourage. J'en doute.

Ce pays, c'est la République Tchèque. Eh oui, cela fait un bon petit moment que j'ai quitté les bougres pour aller m'expatrier en pleine Bohême (avec un petit passage par la France). A Prague, pour être précis.

Alors il va falloir que je retrouve le courage (et surtout le temps) pour remplir ce blog des inepties dont parfois j'abonde mais qui ne cheminent pas systématiquement jusqu'au clavier. Il va falloir me répandre en détails saugrenus et forces anecdotes superfétatoires.

Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je vais me contenter de faire un peu de publicité. C'est encore moi qui décide.

Un peu de publicité pour un petit groupe local fort sympatique appelé Fekete Seretlek, que j'ai pu découvrir un peu par hasard, et qui joue une musique traditionnelle des Balkans. Le site est .

Du coup, j'en profite pour poster quelques photos de leur représentation d'il y a quelques semaines au musée de la musique. Sur la dernière, vous pourrez y voir une artiste allemande (je me rappelle plus de son prénom) qui pour l'occasion a accompagné la musique d'une danse et d'un jonglage de boules de verre (et, plus tard, de dessins dans le sable rétroprojetés sur un mur de la salle). Les voilà.





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31 juillet 2006

Les piles

Fichtre.

Ces derniers temps, mon blog s'est vu plus photographique que textuel; on ne m'a rien reproché, mais je vais quand même essayer d'inverser la tendance. Allez hop: makepost -v >> blog

En fait, si, on me l'a un peu reproché; mais pas dans ce sens. Il y a quelques jours, j'ai reçu un coup de fil d'un manceau, quoi qu'un peu basané pour un manceau, qui me faisait remarquer avec impertinence la récente oisiveté de ma frénésie blogoïde, notamment concernant la facette picturale de celle-ci. Il voulait voir un peu plus de photographies; il attendra quelques jours: aujourd'hui, c'est textuel.

Et puis, après tout, le texte, ça fait vendre.

Alors voilà: petite anecdote du jour. L'autre jour, peu importe lequel, je rentre du boulot (he ho). Après une trentaine de minutes de marche (oui, généralement, je préfère marcher que prendre le bus; ça fait faire de l'exercice et des économies, et c'est bon pour la fermeté de mes petites fesses et le tonus de mes mollets durs); après une trentaine de minutes de marche (désolé de faire appartés parenthèsées un peu partout, je sais que c'est dur à suivre, mais ça fait travailler la cervelle du lecteur); après une trentaine de minutes de marche (c'est chiant, hein ?), j'arrive enfin au pied de mon immeuble. Pénétrant dans le hall, je me dirige d'un pas ferme vers l'ascenceur qui m'attendait poliment au rez-de chaussée. J'entre dans celui-ci, en referme la porte, et, levant la main avec assurance vers le panneau de contrôle, je bande les muscles de mon index et dirige l'extrêmité de celui-ci vers le bouton-poussoir numéroté '7'. En effet, j'habite au sixième étage.

Je devine chez mon lecteur la molle déconcertation de l'incompréhension mêlée à l'innatention de celui qui s'en fout un peu: j'habite au sixième, pourquoi alors choisir le septième étage ? Tout simplement parce que, en Bulgarie, le rez-de-chaussée, c'est l'étage '1'; comme aux Etats Unis d'Amérique du Nord, tout pareil. Donc, si j'habite au sixième étage, j'appuie sur le bouton '7'; je reconnais que c'est un peu difficile à assimiler, mais en y réfléchissant un peu, vous devrier arriver à la même conclusion que moi, j'en suis sûr.

Le '7', donc. C'est là qu'il faut appuyer. Avec fermeté, élégance, et mon doigt, j'appuie donc sur le '7'.

Tiens donc ? Il ne se passe rien. Aucun signe d'une quelconque translation verticale de la cabine ne fait écho à celle, horizontale, de mon index vers le sus-dit bouton. Alors, de deux choses l'une: ou bien l'ascenceur fait le mort, ou bien il est encore en panne (ce qui revient grosso-modo au même). Qu'à celà ne tienne, ce ne sera pas la première fois que je m'enfilerai les escaliers.

Je prends les escaliers, et rentre chez moi. Je me débarasse de mon sac, et soudain ("soudain" ?), je décide de repartir aussi sec (il ne pleuvait pas) afin de faire quelques courses. Je reprends donc les escaliers dans l'autre sens, fais mes courses, et revient à l'immeuble.

Là, sur le palier, un individu attendait l'ascenceur. Il marchait, donc. L'ascenceur, je veux dire. Peu enclin à partager l'exiguïté de la cabine avec cet inconnu, je décide à nouveau de prendre les escaliers, et ignore l'énergumène et son ascenceur.

Je m'enfile les six étages avec la souplesse d'un bouquetin des Pyrénnées, sautant les marches deux par deux, mes provisions sur le dos, avec dans l'idée que j'arriverai à destination avant le bougre. Et, en effet, alors que j'insére ma clé dans la serrure de la porte, j'entends s'ouvrir dans mon dos la porte de l'ascenceur, et en sortir son occupant. Il se rendait donc au même étage que moi. Tout content d'avoir fait mon "Dewaere", je passe le pas de ma porte, en essayant de contenir mon hilarité vis-à-vis de la situation.

Au fait, pourquoi "Dewaere" ? Ceux qui ont vu "Adieu poulet" auront compris, les autres savent ce qu'ils leur reste à faire.

Au fait encore, pourquoi "Les piles" ? Quel est le rapport entre le titre de ce post et son contenu ? Et bien, chers lecteurs, pour vous remercier de votre assiduité et votre fidelité, je vous donne la réponse: "Les piles", c'est un étonnant exercice de style du regretté Pierre Desproges, au cours duquel il narre de façon fort détaillée une histoire sans intérêt aucun. Un peu comme ce post. D'où, le clin d'oeil. Clic.

Quant à savoir si un clin d'oeil fait "clic", je vous laisse méditer là-dessus, pour peu que l'envie vous en prenne (vous faites ce que vous voulez, après tout).

Tiens, puisqu'on parle d'ascenceur, l'autre jour, peu importe lequel mais un autre quand même, vous ne me croirez peut-être pas, mais dans la cage d'escalier, je ne sais pas pourquoi, ça sentait le Ricard. A la vérité, cela ne m'a pas vraiment rendu plus nostalgique de ma France que je ne l'était avant.

Ah oui, je ne vous avais pas dit: on trouve du Ricard, ici. C'est sûrement le même que chez vous, mais j'ai pas testé.