06 avril 2008

Plzeň

"On va boire une petite Pils' ?" - Yannick G.

Lors du post précédent, j'achevai ma dissertation météorologo-viticole sur une question:
"Qu'y a-t-il de plus tchèque que de flâner dans les rues de Prague, un verre de svařák à la main ?"

Vous avez eu quelques semaines pour plancher, je ramasse les copies. La réponse était: "regarder un match de hockey, une pinte de Pilsner à la main."

La Pilsner, ou Pilsner Urquell, est une bière tchèque brassée dans la ville de Plzeň, à l'ouest du pays. Pilsner Urquell est le nom que lui ont donné "zee Germans", son nom local étant Plzeňský Prazdroj, ou plus simplement Plzeň.

La Plzeň est probablement la bière la plus appréciée du pays, et le prix courant d'une pinte est à peu près celui d'un café (ce qui pourra laisser certains de mes compatriotes rêveurs); ses concurrentes, la Gambrinus (elle aussi brassée à Plzeň) ou la Staropramen (brassée à Prague même), sont un tantinet moins chères. Mais pour le prix, on va pas chipoter.

Et c'est probablement pour ça que la bière à sa place de choix dans la culture tchèque. Ça, et le hockey sur glace.

Tous les jeunes font du hockey; je généralise peut-être un peu, mais c'est pas complètement faux. Je ne saurais vous dire combien de michetons populassent le métro, en cette saison, armés de leurs cannes et de leurs sacs à dos, auquels ils accrochent ces sortes de balles en plastique trouées et coupées en deux hémisphères, qui, je me hasarde à supposer, sont probablement en réalité des palets d'entraînement.

Et puis, ceux qui font pas du hockey, ils font du ski. Le ski fait partie du programme scolaire; si, si, j'vous jure.

Et puisqu'on parle de hockey, j'en profite pour vous apprendre que les deux équipes de Prague sont Slavia et Sparta.

Et puisqu'on parle de bière, j'en profite pour couper court aux ragots comme quoi je fais rien qu'à causer vitriol, et la prochaine fois, je parlerai d'une autre boisson locale, mais sans alcool.

Et j'essaierai de ne pas trop tarder, si possible.

Et vive l'eau ferri.. fegiri.. ferrunigeuse.. ferr.. Vive l'eau.

26 janvier 2008

Svařák

Il fait encore assez froid, mais le soleil retrouve du courage, et les beaux jours approchent. Il y a eu de la neige, c'est vrai. Pas beaucoup, mais un peu.

Le tchèque s'en plaint un peu, et si, en cette période de l'année, on soumet à son jugement l'évolution des conditions météoroliques qui l'environnent, il soupire en retour une déception mêlée de nostalgie qui tente timidement d'affirmer que, quelques années plus tôt, la neige était bien plus abondante, et que la capitale n'en était qu'encore plus belle.

Enfin bon, vous me direz, c'est partout pareil. Et je vais pas me plaindre, personnellement, je ne suis pas particulièrement porté sur la cristallisation de l'humidité qui flotte patiemment au dessus de nos têtes et qui n'attend qu'une chose, c'est de nous tomber sur la gueule. D'accord, c'est bien joli, mais ça me congêle les oreilles, j'ai le nez qui coule, et, dans la neige, j'ai l'impression de marcher verticalement.

Alors, les beaux jours approchent, et c'est pas plus mal. Parce que, il y a encore quelques semaines, c'est pas pour me plaindre, mais on se pelait les olives, modèle familial.

J'en arrive au sujet de ce post. Lorsqu'en hiver, la température extérieure se plaît à osciller du mauvais côté du thermomètre, il est une tradition locale qu'il serait presque impoli d'ignorer, c'est le svařák.

Svařák est le diminutif de "svařené víno", qui signifie "vin cuit". À base de vin rouge, de canelle ou de clous de girofle, de sucre brun ou de miel, et d'un peu de rhum, cette boisson chaude est régulièrement servie dans les bars, les cafés, et notamment dans les petites échoppes improvisées qui apparaissent en cette saison dans les rues de la vielle ville.

Et qu'y a-t-il de plus tchèque que de flâner dans les ruelles de Staré Město, emmitoufflé sous un épais manteau, un verre de svařák chaud à la main ?

La réponse la prochaine fois.

En attendant, demandez à Google la recette.

17 novembre 2007

Bang!

Il y a quelque temps de celà, Jaruška, une amie, me racontait son week-end, au cours duquel elle et ses amis avaient eu l'occasion de "taper le carton", comme on dit par chez vous, dans quelques parties d'un jeu appelé Bang!. Étonnée d'apprendre que j'ignorais le nom du susdit jeu, elle entreprit de fouiller dans son sac afin d'y trouver la boîte, qu'elle avait justement avec elle. Cette boîte, la voilà:


Ah ouais, j'connais!

Bang!, ce jeu d'origine italienne, est distribué en France sous le nom de Wanted; en Tchéquie, ça bouge pas. Ça, je l'ignorais; mais le jeu lui-même est loin de m'être inconnu, et du coup j'avais l'air un peu moins con.

Moi, dans ce temps-là,
je ne dis pas celà
en bombant le torse,
l'air avantageux,
j'étais à ce jeu
de première force

disait tonton Georges.

Je crois même pouvoir me vanter de quelques victoires, dans l'ambiance western de ce jeu bien connu de mes compatriotes, à la condition, cependant, d'avoir pioché Joe l'Indien. Personnage du jeu que, à ma grande déception, je n'ai pas trouvé dans la boîte; je soupçonne Jarka d'en avoir égaré quelques-uns (Jaroslava, Jarka, Jaruška.. un jour, je vous parlerai des prénoms tchèques).

En voici quand même, pour illustration; je vous laisse deviner la force de jeu de chacun:


Vous pourrez au passage noter dans l'illustration suivante que l'édition tchèque a conservé les appellations italiennes, néanmoins sous-titrées:


Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, that awful sound
Bang bang, my baby shot me down

chantait Cher (pardon).

11 novembre 2007

Tant que c'est pas de la m...

Novembre; listopad, en tchèque. De list, 'feuille', et padat, 'tomber'. Brumaire, dans notre calendrier républicain.

Oui, les tchèques, comme dans la plupart des pays en l'Europe de l'Est, ont su garder une certaine poésie dans leur calendrier.

Sauf que, en ce matin du 11 novembre, ce ne sont pas des feuilles qui sont tombées...

12 juillet 2007

A Hawk and a Hacksaw



Ils sont tous deux du Nouveau Mexique (USA). Il joue de l'accordéon et des percussions, elle joue du violon, et ça vous transporte jusqu'au cœur des Balkans. J'écoute, et je vous recommande d'en faire autant.

Et ça va pas traîner avant que je craque et que je me remette au violon, quitte à y claquer un demi-loyer.

http://www.brokenheartfoundation.org.uk/hawk/

08 juillet 2007

Vzcvrnkls ?


Non, je n'ai pas un problème de clavier. Ce titre veut bien dire quelque chose, mais en tchèque. Si j'ai bien compris, ce serait une sorte d'argot pour dire "As-tu pris des photos ?" Vous m'objecterez sûrement qu'il semble difficile de dissocier la question de l'expulsion postillionnaire qui l'accompagne, et j'en conviens, mais loin de moi l'intention d'assimiler la langue de Jaromír Nohavica à quelques vulgaires élocutions voyellophobes.

Non, le tchèque n'est pas toujours comme ça. Mais un peu quand même.

Bref, pour répondre à votre question, oui, j'ai pris des photos. Je parle bien entendu de celles que je peux aisément poster ici, c'est-à-dire des photos numériques. Les autres, en attendant leur envisageable mutation, décorent agréablement le jaune mur de mon salon, ou bien patientent entre les pages d'un classeur, le blanc en noir et le noir en blanc.

Le thème de ces photos, c'est le traditionnel parcours maison-boulot. Vous y avez eu droit l'an passé, à Sofia, sur ce même blog, et aujourd'hui, rebelotte Charlotte, nous y revoilà.

Mais attention, n'allez pas chercher dans ces agrégats de pixels colorés une quelconque exposition des beautés architecturales pragoises qui font la fierté de l'indigène slave. Eh, j'habite pas plein centre, couillons.

Ce parcours, on y vient, fait fi des transports en commun, et nous conduira le long des petits chemins creux qui sillonnent une agréable forêt, le tout sous votre œil complice, bien entendu. Asi třicet minut pěšky, "environ trente minutes de marche" (j'ai cours demain, faut bien que je révise un peu).

On y est. On sort de mon immeuble par la porte de derrière, et on marche en direction du Nord.


Au bout d'une petite dizaine de minutes, quelques trottoirs et autres passages pour piétons, on arrive enfin à la forêt.


Et nous voilà partis pour un bon bout de marche.


Ça, je sais pas ce que c'est.


C'est pas grave, continuons. Tiens, un peu de soleil perce les épais feuillages.


Attention, juste avant la cabane, on tourne à gauche, sinon après c'est le bordel (je confirme).


Ça monte et ça descend, et ça tourne dans tous les sens, mais on est presque arrivés.


Oui, juste au bout, c'est la route, le retour à la civilisation, et accessoirement au boulot.


C'est là que ça se corse. On badge une fois au portillon...


... une fois à la porte coulissante ...


... et une fois à la porte pas coulissante ...


... et on arrive enfin dans le couloir. Mon bureau est au fond à gauche.


Ayé, on y est !


Bon, on souffle un peu, et on se met au travail. Fichtre, c'est laquelle de carte qui fonctionne, déjà ?...


Voili voilou. Avec un peu de courage, on refera la même chose dans l'autre sens le soir venu. Ou alors on prendra le bus et le métro, c'est à peu près aussi long. Mais c'est une autre histoire.

La prochaine fois, nous apprendrons à prononcer la phrase "strč prst skrz krk". Bonsoir.

25 mai 2007

Prague: premier post.

Oulà.

Ca fait plus de quatre mois que je suis là, et j'ai toujours rien bloggé. On me le reproche, bien sûr; enfin, de temps en temps. On veut que je parle un peu du pays, et c'est bien légitime.

Quel pays ? Je doute que parmi mes lecteurs s'y trouve encore quelque original qui en ignore la réponse. Ou alors, c'est un lecteur étranger à mon entourage. J'en doute.

Ce pays, c'est la République Tchèque. Eh oui, cela fait un bon petit moment que j'ai quitté les bougres pour aller m'expatrier en pleine Bohême (avec un petit passage par la France). A Prague, pour être précis.

Alors il va falloir que je retrouve le courage (et surtout le temps) pour remplir ce blog des inepties dont parfois j'abonde mais qui ne cheminent pas systématiquement jusqu'au clavier. Il va falloir me répandre en détails saugrenus et forces anecdotes superfétatoires.

Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je vais me contenter de faire un peu de publicité. C'est encore moi qui décide.

Un peu de publicité pour un petit groupe local fort sympatique appelé Fekete Seretlek, que j'ai pu découvrir un peu par hasard, et qui joue une musique traditionnelle des Balkans. Le site est là.

Du coup, j'en profite pour poster quelques photos de leur représentation d'il y a quelques semaines au musée de la musique. Sur la dernière, vous pourrez y voir une artiste allemande (je me rappelle plus de son prénom) qui pour l'occasion a accompagné la musique d'une danse et d'un jonglage de boules de verre (et, plus tard, de dessins dans le sable rétroprojetés sur un mur de la salle). Les voilà.





1

31 juillet 2006

Les piles

Fichtre.

Ces derniers temps, mon blog s'est vu plus photographique que textuel; on ne m'a rien reproché, mais je vais quand même essayer d'inverser la tendance. Allez hop: makepost -v >> blog

En fait, si, on me l'a un peu reproché; mais pas dans ce sens. Il y a quelques jours, j'ai reçu un coup de fil d'un manceau, quoi qu'un peu basané pour un manceau, qui me faisait remarquer avec impertinence la récente oisiveté de ma frénésie blogoïde, notamment concernant la facette picturale de celle-ci. Il voulait voir un peu plus de photographies; il attendra quelques jours: aujourd'hui, c'est textuel.

Et puis, après tout, le texte, ça fait vendre.

Alors voilà: petite anecdote du jour. L'autre jour, peu importe lequel, je rentre du boulot (he ho). Après une trentaine de minutes de marche (oui, généralement, je préfère marcher que prendre le bus; ça fait faire de l'exercice et des économies, et c'est bon pour la fermeté de mes petites fesses et le tonus de mes mollets durs); après une trentaine de minutes de marche (désolé de faire appartés parenthèsées un peu partout, je sais que c'est dur à suivre, mais ça fait travailler la cervelle du lecteur); après une trentaine de minutes de marche (c'est chiant, hein ?), j'arrive enfin au pied de mon immeuble. Pénétrant dans le hall, je me dirige d'un pas ferme vers l'ascenceur qui m'attendait poliment au rez-de chaussée. J'entre dans celui-ci, en referme la porte, et, levant la main avec assurance vers le panneau de contrôle, je bande les muscles de mon index et dirige l'extrêmité de celui-ci vers le bouton-poussoir numéroté '7'. En effet, j'habite au sixième étage.

Je devine chez mon lecteur la molle déconcertation de l'incompréhension mêlée à l'innatention de celui qui s'en fout un peu: j'habite au sixième, pourquoi alors choisir le septième étage ? Tout simplement parce que, en Bulgarie, le rez-de-chaussée, c'est l'étage '1'; comme aux Etats Unis d'Amérique du Nord, tout pareil. Donc, si j'habite au sixième étage, j'appuie sur le bouton '7'; je reconnais que c'est un peu difficile à assimiler, mais en y réfléchissant un peu, vous devrier arriver à la même conclusion que moi, j'en suis sûr.

Le '7', donc. C'est là qu'il faut appuyer. Avec fermeté, élégance, et mon doigt, j'appuie donc sur le '7'.

Tiens donc ? Il ne se passe rien. Aucun signe d'une quelconque translation verticale de la cabine ne fait écho à celle, horizontale, de mon index vers le sus-dit bouton. Alors, de deux choses l'une: ou bien l'ascenceur fait le mort, ou bien il est encore en panne (ce qui revient grosso-modo au même). Qu'à celà ne tienne, ce ne sera pas la première fois que je m'enfilerai les escaliers.

Je prends les escaliers, et rentre chez moi. Je me débarasse de mon sac, et soudain ("soudain" ?), je décide de repartir aussi sec (il ne pleuvait pas) afin de faire quelques courses. Je reprends donc les escaliers dans l'autre sens, fais mes courses, et revient à l'immeuble.

Là, sur le palier, un individu attendait l'ascenceur. Il marchait, donc. L'ascenceur, je veux dire. Peu enclin à partager l'exiguïté de la cabine avec cet inconnu, je décide à nouveau de prendre les escaliers, et ignore l'énergumène et son ascenceur.

Je m'enfile les six étages avec la souplesse d'un bouquetin des Pyrénnées, sautant les marches deux par deux, mes provisions sur le dos, avec dans l'idée que j'arriverai à destination avant le bougre. Et, en effet, alors que j'insére ma clé dans la serrure de la porte, j'entends s'ouvrir dans mon dos la porte de l'ascenceur, et en sortir son occupant. Il se rendait donc au même étage que moi. Tout content d'avoir fait mon "Dewaere", je passe le pas de ma porte, en essayant de contenir mon hilarité vis-à-vis de la situation.

Au fait, pourquoi "Dewaere" ? Ceux qui ont vu "Adieu poulet" auront compris, les autres savent ce qu'ils leur reste à faire.

Au fait encore, pourquoi "Les piles" ? Quel est le rapport entre le titre de ce post et son contenu ? Et bien, chers lecteurs, pour vous remercier de votre assiduité et votre fidelité, je vous donne la réponse: "Les piles", c'est un étonnant exercice de style du regretté Pierre Desproges, au cours duquel il narre de façon fort détaillée une histoire sans intérêt aucun. Un peu comme ce post. D'où, le clin d'oeil. Clic.

Quant à savoir si un clin d'oeil fait "clic", je vous laisse méditer là-dessus, pour peu que l'envie vous en prenne (vous faites ce que vous voulez, après tout).

Tiens, puisqu'on parle d'ascenceur, l'autre jour, peu importe lequel mais un autre quand même, vous ne me croirez peut-être pas, mais dans la cage d'escalier, je ne sais pas pourquoi, ça sentait le Ricard. A la vérité, cela ne m'a pas vraiment rendu plus nostalgique de ma France que je ne l'était avant.

Ah oui, je ne vous avais pas dit: on trouve du Ricard, ici. C'est sûrement le même que chez vous, mais j'ai pas testé.

16 juin 2006

Skinned


(Olympus XA3 sur KonicaVX400)

Chained


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

Aside


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

15 juin 2006

Framed


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

Outside in


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

14 juin 2006

Inside out


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

13 juin 2006

Underneath


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

12 juin 2006

Amongst


(Olympus XA3 sur Konica VX400)

02 mai 2006

Josef Koudelka

De nationalité française, Josef Koudelka est né en Tchécoslovaquie en 1938. Il s'initie à la photographie dès l'âge de 14 ans, et délaissera plus tard ses études d'ingénieur en aéronautique pour se consacrer entièrement à cet art, avec lequel il témoignera notamment de la vie des gitans de son pays, et plus tard, en 1968, de l'invasion de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie, témoignage pour lequel il recevra le prix Robert Capa. Koudelka deviendra membre de l'association Magnum en 1971.




















Ces images sont (c) Magnum Photos (magnumphotos.com).

14 avril 2006

Bienvenue à Cageot City

Eh, oh, je poste si je veux.

D'abord parce que c'est encore moi qui décide, ensuite parce que j'ai pas toujours que ça à faire. Alors prout.

Pardonnez l'insolence capricieuse du jeune chien fou que je suis, mais il m'arrive d'être un peu secoué des cervicales, et j'ai parfois le verbe qui frétille.

M'enfin. Tout ça pour pour en arriver là: le concours de cageots sur roues. Je m'explique.

Il y a quelques jours de cela, dans un blog "far, far away", un Gnome sournois, l'objectif taquin et le commentaire tenace, entreprit de dévoiler aux yeux des cyber-badauds une amère critique du fordisme à outrance et des lourdes retombées qu'endure chaque jour notre bien-aimée Mère Nature. Ça c'est passé ici.

Jusque là, c'est pas clair. J'y viens.

Quelque peu ému par le culot du cuistre qui, terré derrière les remparts de la cité Plantagenêt, me jetait au visage ce témoignage photographique d'une société que la cupidité étouffe, cette délation picturale d'un interminable avilissement, cette brutale exhibition d'une détresse automobile, je m'empressai alors de répondre à l'effronté, et lui dit à peu près en ces termes: "Ventre-Saint-Gris!, que signifie donc cet impertinent étalage de tant de bassesse humaine ? Aurais-tu donc perdu la raison ? Alors sache, jeune polisson, que tu n'es point prophète en la matière: j'ai en effet, de par chez moi, quelques spécimens de décadence motorisée qui pourraient fort bien te faire pâlir de jalousie, s'il me prenait l'envie de t'en faire voir la couleur !"

C'est toujours pas clair. C'est pas grave.

L'énergumène n'en fut pas pour autant intimidé. Secondé par un proche camarade, qui, il faut bien l'avouer, égale le premier aussi bien par l'insolence que par la capillarité, il me répondit: "Même pas cap'!"

Et c'est ainsi que de cet affront naquit l'idée d'un concours de cageots sur roues. A qui photographiera la pire des automobiles. Il arrive qu'on jette des idées en l'air sans vraiment se soucier d'où elles retombent, et l'histoire aurait pu s'arrêter là.

Mais non. Voilà qu'il remit ça. Sans prévenir, en plus. Il attaqua en traître, il riposta quand je lui tournai le dos, comme un serpent qui aurait feint le sommeil, comme un vieillard qui aurait caché un sabre dans sa canne, comme un hallebardier qui aurait dissimulé sa pique sous un écrin de velours (pique, sous.. Picsou.. j'avais envie de faire un jeu de mots..). Voilà donc que le malin réitéra son affront d'une seconde photographie, quelques jours plus tard. Ça c'est passé là.

C'est qu'il me narguait, le coquin. Mais je ne restai pas de bois. Il a bien ri, rivé sur son impertinence comme une palourde sur son rocher, mais j'en fis fi, car je ne suis pas ce genre d'homme qui loue l'outrecuidance de son prochain (Riri, Fifi, Loulou dans une même phrase.. c'est plus des jeux de mots, c'est Disney Parade..). Et me voilà en effet, armé de quelques spécimens photographiques, qui étoufferont probablement les railleries du rustre pour quelques moments au moins. Ce scélérat peut oublier sa gloire (les Rapetous, maintenant.. faut que j'arrête l'abonnement à Mickey Magazine..).

Commençons donc par un premier exemple: rouille et pneu à plat.


Trois petits oursons. Le quatrième se cache de honte.


David et Goliath, sur le même parking:



Trois bêtes de concours:




Une brebis égarée:


Et un "hors-sujet":


Je marque un point. La balle est dans le camp des petits félons de Normandie.

31 mars 2006

Le cirque Montecarlo, qu'il s'appelle.

Hier, il m'est arrivé un truc fou.

En fait, pas vraiment. Surprenant, au mieux. Mais quand même, ça vaut le coup d'être raconté.

Hier, en rentrant du boulot, alors que je commençais à bien avoir les crocs, je constate que mes rations de nourriture se font rares, et qu'elles ne me suffiront pas pour la soirée. "Fichtre !", m'exclame-je (je ne sais pas si ça se dit, "m'exclame-je", en tout cas ça se dit difficilement), "Fichtre, donc, il me faut acquérir de quoi me sustenter." Qu'à cela ne tienne, je remets la veste et me dirige vers la petite boutique du quartier.

Arrivé là, je constate que les stocks de ladite boutique ne pourront combler ma requête. "Palsembleu !", dis-je (ça sonne bien aussi, "dis-je"), "je me dois de trouver quelque autre échoppe." Je reprends donc la route et traîne mes converses un peu plus loin, vers le mini-marché de Business Park (un centre pas loin de chez moi, où se massent de nombreuses entreprises et des magasins en tout genre). J'ai les dents qui poussent.

Je rentre dans le mini-marché, et, vers le fond du magasin, une paire d'yeux d'un bleu clair à rendre jaloux le plus beau des ciels d'été m'interpelle. Je m'arrête et écoute ce que sa propriétaire a à me dire. Elle m'explique quelques choses, j'en comprends le tiers, mais le principal. Elle me tend un prospectus, je l'accepte, mais, en constatant qu'il me sera difficile de décrypter le sens de celui-ci, finis par lui avouer ne pas parler sa langue. Probablement parce que la souriante bougresse ne parle que peu la langue de William Blake, elle se tourne alors vers sa collègue.

Tout aussi souriante, celle-ci commence à m'expliquer, en anglais, la raison de leur présence dans ce magasin: il s'agit de me faire goûter, à moi, client, une toute nouvelle bière qui vient d'arriver dans le pays: la Leffe.

Eh oui. La Leffe, bière belge bien connue de mes compatriotes, vient d'arriver dans le pays. Ici, on la prononce "Lèffé".

On discute un peu; je leur affirme avoir déjà trempé mes lèvres dans ce breuvage. Mais ça ne m'a pas empêché de recommencer. Eh bin, et ça n'a rien d'étonnant, ça a le même goût que la Leffe qu'on peut boire par chez nous. Si je m'en souviens encore.

Mais apprenez plutôt quelque chose: en Bulgarie, une des bières les plus célèbres est la Zagorka, nommée ainsi car originaire de la ville de Stara Zagora (bulgarianbeer.com). Je ne suis pas sûr que la Leffe, avec son prix élevé, parvienne à détrôner les produits locaux. Sait-on jamais.

"J'ai les crocs - Kronenbourg - Bourre la gueule - Gueule de bois - Boire un peu - Petit verre - Verre de trop - Trop murgé - J'ai les crocs.."
(Winnie la Merde)

Tiens, au passage, ça n'a rien à voir, mais en face de nos bureaux s'installe un cirque; ça pourrait être rigolo.

Sait-on jamais.

21 mars 2006

Една маргарита, моля.

Ya des trucs, je m'y ferai jamais.

Mais on va commencer par quelques petites photos, prises il y a déjà quelques semaines, mais que je n'avais pas encore postées. Voici donc, rapidement, ce que je peux voir par la fenêtre de ma chambre:





La montagne qu'on peut voir au fond, c'est Витоша (Vitosha), massif montagneux bordant Sofia. Cette montagne pointe à 2290 mètres, au "Pic Noir", et Sofia se trouve elle à 550 mètres d'altitude (source wikipedia.org). Voilà pour la science.

Mais ya un truc que vous ne savez peut-être pas, c'est que la Bulgarie est l'un des rares pays dans le monde, peut-être même le seul, où les gens, pour dire oui, tournent la tête de droite à gauche, et pour non, la hochent de haut en bas. L'inverse de chez nous, en bref. Et c'est super perturbant. Par contre, des fois pour dire oui, ils penchent la tête de chaque côté, et c'est assez marrant.

Mais quand même. Allez dans un restaurant, commandez quelques chose, et la serveuse, tout en notant dans son calepin, vous fait "non" de la tête. "M'enfin, c'est quand même moi qui décide, je suis client, oui ou crotte !"

Après un mois au pays balkan, je réagis un peu plus vite qu'au début, et je comprends que ma requête est acceptée par la charmante bougresse.

Mais quand même. Ya des trucs, je m'y ferai jamais.